Histoire de Halanzy

 

 

Premier en Gaume pour qui vient de l'est, Halanzy s'étend longuement de part et d'autre de la route Athus-Virton. Ce village lorrain typique semble d'implantation ancienne. Une villa romaine (peut-être une auberge) s'élevait au lieu dit "le Fays" et un cimetière franc a été localisé au lieu dit « Bousselaincourt ».

La première mention de Halanzy remonte à 893. Durant toute l'époque médiévale, la famille de Halanzy était seigneur de l'endroit et occupait le château. Du reste, le village semblait relativement bien peuplé: dès 1316, il fut affranchi à la  loi de Beaumont. La croix de justice, au centre de la grand-place, rappelle cet événement majeur qui conférait à la localité le droit de  haute justice.

En 1296, la châtellenie de Longwy, à laquelle appartenait la bourgade, fut vendue au comte de Bar. Plusieurs familles de Feller  clôtura la série.

En 1602, comme nombre de villages frontière, Halanzy perdit son statut de  terre commune. Les chroniques anciennes relatent les heurts  plus ou moins graves qui émaillèrent la vie locale: incendie du moulin en 1537, sécheresse effroyable en 1615, la guerre de trente Ans. Après la peste de 1636, la population chuta de 350 à 220 habitants.

Le 27 octobre 1719, un grand incendie détruisit quatorze maisons et le château qui probablement devait être une grosse demeure seigneuriale. Le feu ne s'arrêta qu'au coin de la rue de Rachecourt.

Dans les années 1720, le sort fut heureusement plus clément puisque le village échappa à une épidémie de choléra. En remerciement de cette protection miraculeuse, la famille Jacob fit éditer une petite chapelle sous le vocable de Notre-Dame des Grâces de 1725. Cet édicule, construit à l'angle du cimetière, fut restauré dans les années 1880. Une tradition veut que l'on présente chaque nouveau né du village à la statue de la vierge qui s'y trouve.

De 1793 à 1799, durant la période troublée de la Révolution française, le curé du lieu, M. l’Empereur, fut obligé de se cacher et d'administrer les sacrements en secret. Mais l'essentiel de l'histoire locale est ailleurs, sous terre: dès le début du XVIIIe siècle (1733), un certain Jean Huttelet exploitait une "minière" (mine de fer) dans le bois.

En 1739, un procès-verbal nous apprend qu'on l'y a retrouvé mort, écrasé par une chute de pierres. Au XIXe. siècle, l’industrialisation massive gagna Halanzy et les mines furent exploitées à plein rendement à partir de 1881. L'année suivante on créa un haut-fourneau, puis un deuxième. Malheureusement, ils cessèrent toute activité en 1939.

Parmi les autres initiatives industrielles originales, il faut mentionner une cimenterie qui fonctionna pendant une vingtaine d’années au début du siècle. Ici aussi, la crise frappa dur. En 1978, la seule mine de fer de Belgique remontait son dernier wagonnet. Il reste  que ce village a su préserver son caractère original.

Ses vieilles rues bien restaurées s'étendent tranquilles au pied du bois Haut que certains considèrent comme l'une des plus belles hêtraies d'Europe. L'étendue relativement restreinte de la localité a permis aux nombreux commerces qui s'y étaient établis de conserver une activité appréciable encore renforcée par le syndicat d'initiative local: Amifer.

Malgré leur romanité, les habitants de l'endroit ne dédaignent pas rappeler aussi leur appartenance au pays d'Arlon, puisqu'ils fabriquent l'un des plus fameux Maitrank de la région!

 D'ailleurs, il n'est pas qu'au pays que cette attachante localité s'est distinguée... Voilà une centaine d'années deux familles du village sont parties s'installer au Canada où elles ont fondé une petite bourgade du nom de Bruxelles. Parmi les figures artistiques importantes de l’endroit, il faut signaler deux peintres : les frères Jacques (1727-1802) et François (1739-1822) Collet. Ils descendent d'une vieille famille d'artistes virtonais. On leur doit de nombreuses fresques à caractère religieux (Cons-la-Grandville, Juvigny-sur-Loison...).

Enfin, c'est dans le bois entre Musson et Halanzy qu'en mai 1940 fut tué l'écrivain français   Guy de Larigaudie.

 

 Je remercie le Syndicat d'Initiative d'Aubange pour cette documentation.