Histoire d'Aix-sur-Cloie

 

En bref :.

Durant plusieurs siècles, le destin d'Aix-sur-Cloie est en partie lié avec celui de Battincourt. Petit village à la bordure ultime de la zone germanophone, quelques aînés parlent encore le luxembourgeois. Son Histoire n'est pas retentissante mais elle vaut d'être connue.

 

Origine :

 Le nom s'écrit de différentes manières.

             En français: Aix-sur-Cloie, Aix-sur-Cloix ou              encore Aix-sur-Cloye.

             En Luxembourgeois: Esch-op-der-Huurt.

             En Allemand: Esch-auf-der-Hurt

 

 

L'étymologie du nom d'Aix-sur-cloie n'est pas connue avec certitude. Nous nous abstiendrons donc d'en développer une théorie ici !

Il est simplement à retenir que le nom d'Aix-sur-Cloie est cité pour la première fois dans un acte officiel en 1096.

Une bulle  du pape Urbain II confirme la possession de certains biens dans le Luxembourg, des terres à Aix près de Messancy.

Aix dans l'Histoire :

 

 En 1972, on a trouvé dans un champ, un magnifique bracelet en bronze gaulois, datant du IVe siècle avant J.-C. On le décrit comme étant un anneau en bronze de dix centimètres de diamètre et pesant plus de  trois cents grammes. Ce bracelet est maintenant conservé au musée luxembourgeois à Arlon. C'est là le signe tangible d'une occupation fort ancienne.

En 57 avant J.-C., Jules César soumet la Gaule belge à Rome. Dès lors, sont construites les chaussées romaines (Reims -Trèves) le long desquelles apparaissent des villas et des localités.

 Durant la « Pax Romana » (du 1er au 3ème siècle après J.-C.), la région fait partie de la Belgique dont la capitale est Trèves.

 Lors de l'invasion des Gaules par les Romains, le Titelberg était le point stratégique militaire occupé par les Romains. On pense que trois villas se trouvaient  dans la région du village actuel. Une villa devait s'élever au milieu du village, à l'entrée de la petite vallée qui mène à Clémarais, une autre devait se trouver près de l'étang qui est sur la route de Messancy et une troisième se trouverait près du chemin de fer.

Des vestiges antiques ont été exhumés :

 Des restes de briques qui dénotent le voisinage  d'un établissement romain, le long  du sentier qui conduit de Messancy jusqu'au chemin de Battincourt, des  débris de briques et de tuiles sur le chemin dit "Wellerweg". De vieilles ferrailles, des pièces de monnaie, des briques, des pavements en brique, à différents endroits  lors de la construction des maisons  ou à l'ouverture de carrières.

 Près de la fontaine, on a découvert des sépultures en pierre romaine, mais on manque de renseignements plus précis quant à leur origine. Au lieu dit "Op der Tomm" (Tumulus, tombeau) à une centaine de mètres au nord du village, se trouvent des tombes à incinération. En 1856, on a découvert une urne contenant des cendres dans le creux d'une pierre cubique de 50 centimètres de côté.

 Dès la fin du IVe siècle, les francs envahissent progressivement le territoire romain. Les Gallo-Romains tentent de se réfugier dans les fortifications de Croix-Rouge, d'Arlon, .... Dès lors s'amorce l'époque mérovingienne.

 Petit à petit, les rois mérovingiens laissent  l'administration de leur territoire aux maires des palais qui deviennent alors de vrais souverains. Parmi ces souverains, Pépin le Bref prit le titre de roi en 752. Son fils, Charlemagne, fonda un vaste empire dans l'Europe occidentale dont la capitale était Aix-La-Chapelle. A sa mort, son fils est incapable de gérer cet empire. En 843, date du traité de Verdun, nos régions prennent le nom de "Lotharingie". Dès 959, nous faisons partie de la "Haute-Lotharingie".

 Pendant la période féodale de 925 à 1273, notre pays est morcelé en un grand nombre de petits domaines. Le pays se couvre de châteaux-forts dont la plupart seront détruits lors de différents conflits. Notre région se trouve alors en Lorraine et dans le Duché de Bar.

 Il semble bien pendant cette époque féodale, il faille rattacher l'histoire du village et la succession des seigneurs d'Aix-sur-Cloie à la châtellenie de Longwy jusqu'en 1769, année où notre village fait son entrée dans les Pays-Bas autrichiens.

 Les barons de Reiffenberg vont donner tout son lustre au village à partir de 1693 :

 Les seigneurs de Reiffenberg, d'origine autrichienne, étaient appelés par les villageois le "Hochgerichter" ou seigneurs de la haute justice.

 On assure que nos ancêtres ne parlaient qu'avec respect de leurs seigneurs, tant pour la bonne justice que pour la grande liberté qu'ils faisaient régner.

Les habitants de Piedmont, Rodange, La Madeleine, Bascharrage, Pétange et Athus payaient la dîme à leur seigneur d'Aix-sur-Cloie mais les villageois ne la payaient que sur les jeunes porcs et les poussins. Toutes les voitures devaient, le samedi, avoir leurs timons tournés vers le château. Au temps de sa splendeur, les manants étaient réveillés par le châtelain au son d'une cloche. Les seigneurs avaient droit au tiers des revenus du village. Une année, alors que les récoltes n'étaient pas bonnes, ils avaient refusé le tiers auquel ils avaient droit.

 Quelques temps avant la révolution française, la famille Reiffenberg se retira en Autriche. En 1793, sur la Tom, eut lieu une bataille entre Français et Autrichiens. On y a retrouvé des balles de plomb. Dumouriez, Général français, y commandait la bataille.

 En quittant le village la famille Reiffenberg avait laissé en bail le château ainsi que de nombreuses terres y attenantes. Les fermiers devinrent possesseurs légitimes en 1782. La vente fut faite le 1er septembre 1806. La dernière famille noble à habiter le château fut la famille Baltès qui l'acheta pour 400 Louis d'Or et qui l'occupa jusqu'en 1864.

 Ce château a été incendié  à deux  reprises et, en 1866, il fut démoli par son dernier propriétaire. Avec les débris, on a construit 4 maisons de la rue du Château.

 L'ancienne église du village était semblable à  celle de Mont-Saint-Martin qui date du XIe siècle. On ne connaît plus l'orientation de celle-ci qui a été démolie pour être rebâtie bien avant la révolution française. L'école communale a été construite en 1868, le presbytère restauré en 1857 et l'église reconstruite en 1880.

 Jusqu’en 1914, les 3/4 des terres étaient cultivées. La culture principale était le méteil (mélange de seigle et de froment). En 1908, fut créé le premier parc à vaches. Ainsi, les enfants qui étaient vachers purent aller à l'école.

 La révolution industrielle commencée en 1872 avec l'installation d'une usine métallurgiste à Athus  va commencer à attirer des ouvriers d'Aix à Athus. Mais tous gardent de profondes attaches avec la terre : chaque famille a sa maison avec son lopin de terre.

 Comme partout Aix-sur-Cloie aura  à subir les deux guerres mondiales.

 Après les fusions en 1977, Aix-sur-Cloie fera alors partie de la commune d'Aubange.

 Tiré des documents Aix-sur-Cloie, journée du patrimoine 1999. Voici la liste de ceux qui ont participé à la réalisation de celle-ci :

             L'administration communale et ses différents services, M. Dominique Hanzir, A.S.B.L. du village, l'amicale de l'école , les parents et  les élèves, le syndicat d'initiative, les bibliothécaires, M. le Curé, les villageois, les artisans présents. Je remercie la bibliothèque communale d'Athus pour m'avoir transmis ce document.