Légendes de la Région

La Légende du Tumulus

 En ce temps là, un empereur romain, que l'on croit être Titus , campait sur les bords de la Chiers, en un endroit qui allait devenir Athus. Son camp qui comprenait des milliers d’hommes, s’étendait dans tous les alentours et principalement le long de la chaussés romaine qui allait d’Arlon  à Rodange. Titus venait de terminer d’importantes opérations militaires en Gaule. Avec ses Légions, il s’octroyait un repos bien mérité sur les bords de cette rivière,  dont l’eau pure et claire à cette époque, miroitait au soleil et s’écoulait gaiement en un doux murmure. Il aimait particulièrement cette vallée à l’herbe tendre que dominait une forêt aussi épaisse que giboyeuse. Il s ' y sentait à l’aise, loin des tracas et des ennuis.

Un soir pourtant, après une journée paisible, alors qu’il se reposait sous sa tente, il vit soudain devant lui un homme venu d’on ne sait où, qui se disait envoyé des dieux. Il lui annonça que Rome était menacée par les barbares et qu’il devait d’urgence s'y transporter avec son armée. De la rapidité de son voyage dépendait le salut de Rome et de l’empire.

Titus qui n’avait nulle envie de quitter si vite des lieux propices, émit quelques doutes au sujet de cette information qu’il jugeait fantaisiste, ainsi que sur l’identité même de ce soit disant émissaire divin. Il demanda donc à l’homme une preuve tangible de la réalité de sa mission. Comme tu voudras, répondit l’autre. Demain à ton réveil, ton sceptre aura fleuri et l’eau de la rivière aura été changée en vin. Mais, je t’en jure, ne tarde pas. Sur ces mots il sortit de la tente et disparut sans avoir été remarqué.

Persuadé qu’il avait eu à faire à un illuminé, Titus s’endormit tranquillement, confiant en l’avenir et plus rien ne vint troubler son sommeil. Cependant, à l’aube il fut réveillé par une rumeur qui paraissait venir de la rivière. Un esclave terrifié entra et l’informa que les chevaux refusaient de boire de l’eau de la Chiers. Machinalement, il regarda son sceptre. Quel ne fut pas son étonnement de le voir fleuri comme une aubépine.

Il comprit alors la réalité de l'avertissement des dieux. Rome était bien en péril et il n’avait perdu que trop de temps déjà. Il fallait partir au plus vite. Alors, sans laisser à ses valeurs, car ceux - ci s’était déjà rendu compte de la métamorphose de l’eau, il fit immédiatement lever le camp.

Afin de ne pas s’encombrer inutilement en chemin et d’accélérer la marche, il fit enterrer son lourd char d’or, un berceau en or et d’autres objets précieux qu’ il  plaça sous la garde vigilante des dieux , attendant son retour . Il demanda alors à chacun de ses légionnaires de se munir d’une poignée de terre et de la jeter en passant à cet endroit afin d’en marquer l’emplacement. Ses soldats étaient si nombreux qu’après le passage de toute l’armée, il y avait là un énorme tumulus.

Brûlant les étapes, Titus fonça sur Rome où il arriva juste à temps pour éviter un désastre et remporter une nouvelle victoire. Il remercia les dieux de l’avoir prévenu et de lui avoir permis de sauver l’empire d’une perte certaine.

Titus ne revint jamais à Athus. Son trésor s ' y trouve encore. Des fouilles ont été effectuées dans le tumulus. On n ' y a découvert des poteries romaines, des pièces de  monnaie à l’effigie de Titus et d’autres objets datant de cette époque mais pas de trésor. Pourtant, celui - ci est bien caché, sous la garde éternelle des dieux.

Chose curieuse, à l’occasion des fouilles, on a remarqué que la terre du Tumulus n’était pas la même que celle des environs. Il s’agit donc bien de terre apportée. Ce tumulus est situé sur les bords de la Chiers, à une centaine de mètres du pont de la rue de Rodange. Il a six ou sept mètres de haut et le sommet est couvert de buissons qui servent de refuges aux oiseaux. Depuis toujours, on a appelé le Titelberg ou mont Titus, à tort sans doute car il existe à Rodange une montagne appelée également Titelberg où furent découverts les vestiges d’une localité romaine. Il semble que ce soit ce Tumulus qui a déterminé le nom de notre village. Les Francs l’ont appelé at - Temelgen ou près du tumulus.

Avec le temps, l’expression changea se transformant en Atem, puis Athem, ce qui de l 'allemand finit par se traduire en Athus .

La légende est tirée du livre" Histoires et Légendes du pays d'Athus"  écrit par Aimé Boterberge